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Texas fiddling & ballades appalachiennes

Wes Westmoreland, violon et Antony Mature, guitare Sheila Kay Adams, chant et banjo

États-Unis

Le célèbre folkloriste anglais Cecil Sharp (1859-1924) raconte que séjournant dans les Appalaches pendant la Première Guerre mondiale, il se retrouva dans une communauté où le chant tenait autant de place que la parole. Et c’est avec gourmandise qu’il échangea des chansons avec plusieurs personnes. Sharp souligne l’importance de l’individu ou d’une famille dans la préservation des musiques traditionnelles aux Etats-Unis. Un siècle plus tard, Sheila Kay Adams et Wes Westmoreland en administrent la preuve, l’une en Caroline du Nord, l’autre au Texas. Howard Dee “Wes” Westmoreland est né en 1959 et a grandi dans une famille d’origine écossaise du comté de Comanche, au Texas, qui compte aujourd’hui sept générations de musiciens. Wes a appris le violon dans les années 70 auprès de son grand-père Howard Dee “Bus” Westmoreland. Pendant ses jeunes années, il ne rate aucune fête, compétition ou fiddle camp, accompagné à la guitare par son père Butch ou par son oncle Eugene. Après son mariage et la naissance de son fils Tanner, cette vie de musicien professionnel en tournée perpétuelle lui devient insupportable. Il plaque tout et entreprend des études de pharmacie. Mais il n’abandonne pas le violon pour autant et, pour le plaisir, continue année après année de rafler les médailles de Grand Champion (Llano Fiddle Fest de 2013 et 2014, Championnat de l’Etat du Texas en 2015).

Wes Westmoreland fait partie de ces quelques musiciens d’exception qui continuent de faire rêver les jeunes Texans de la campagne et gardent vivante cette tradition du Texas-style fiddling marquée, du fait de l’influence du jazz et du blues, par un jeu ample et syncopé. Son répertoire, très vaste, comprend aussi bien les musiques de danse, polkas, valses, gigues, reels, que des ragtimes en doubles-cordes à la virtuosité diabolique ou des thèmes de swing accompagnés à la guitare et parfois au banjo par son complice Anthony Mature. Sheila Kay Adams est elle aussi l’héritière de sept générations de conteurs et de chanteurs de ballades de Caroline du Nord. Elle chante a cappella ou s’accompagne au banjo dans ce style à la fois percussif et rythmique que l’on appelle clawhammer. Sheila Kay Adams est née et a grandi dans les années 50 et 60 dans ce comté de Madison qui inspira à Clint Eastwood un de ses films les plus mélancoliques. Cette région des Appalaches, colonisée au milieu du XVIIe siècle par des Ecossais et des Irlandais, est réputée pour sa tradition ininterrompue de ballades chantées a cappella ou accompagnées au banjo. Sheila Adams s’est formée auprès de sa grand-tante Dellie Chandler Norton (1898-1993), une des chanteuses de ballades les plus réputées de la région et d’autres chanteurs de la communauté comme Dillard Chandler et la famille Wallin.

Elle a commencé à se produire en public dès son adolescence. Elle a participé à plusieurs festivals internationaux tels que l’International Storytelling Festival de Jonesborough, Tennessee et à plusieurs reprises au Smithsonian Folklife Festival qui a lieu chaque année à Washington. Sheila Adams a reçu en 2013 le National Heritage Fellowship qui est attribué chaque année par le Fonds National pour les Arts (National Endowment for the Arts) à un détenteur remarquable de patrimoine culturel immatériel. La North Carolina Folklore Society lui avait auparavant décerné le Brown Hudson Award en reconnaissance de sa contribution à l’étude des traditions populaires de Caroline du Nord et elle a reçu en 2016 le North Carolina Heritage.

Pierre Bois

En partenariat avec Documentary Arts, Inc et avec le soutien de la Florence Gould Foundation

 

Concert diffusé sur France Musique

Samedi 18 mars 2017 à 22h dans l’émission Ocora Couleurs du Monde, présentée par Françoise Degeorges.

 

©Alan Govenar
Photos
Le Programme
Left Right key navigation by Jaspreet Chahal