Affiche Festival de l'Imaginaire 2010

 

 

La fugue de Zhubun et du fantôme

Taïwan

Opéra nanguan par le Gang-a-tsui Theater de Taipei. (Surtitré en français)

Cliquez ici et bouton "plein écran" ci dessous IMG/flv/17_zhubun.flv

Horaires et lieu

- mardi 13 avril à 20h
- mercredi 14 avril à 20h

Amphithéâtre de l’Opéra Bastille
Place de la Bastille
75012 Paris
M°Bastille

Tarifs

- Plein tarif : 30 euros
- Tarif abonnés : 20 euros
- Tarif réduit : 10 euros

Informations sur le tarif réduit et abonné, cliquez ici

une mise en scène de Shizune Tomoe,
- sous la direction de Yih-Chang Chou

Avec les actrices-chanteuses
- Mei-hui Wet
- Ya-lan Lin
- Yi-ting Yeh
- Ming-i Wen
et
- Yoko Ashikawa, danseuse
- Chia-Wen Chen, tambour ku
- Yu-Ning Liao, gong luo zi pai
- Yi-Yu sun, flûte di
- I-Lian Chen, vièle re shiuan
- Nian Hua Lin, vièle shan shiuan
- Chih-Cheng Hsu, luth pipa
- Hin-Cho Wong, hautbois suona

Français

Fondée en 1993 avec pour mission la transmission de l’opéra nanguan – terme désignant à Taïwan l’opéra liyuan xi ou opéra du Jardin des Poiriers –, la compagnie Gang-atsui entame, sous la direction de Chou Yih-chang, un projet expérimental collectif. L’exploration du nanguan révélant toute la beauté et le raffinement de cette forme, mais aussi son lent et sûr déclin, Chou Yih-chang réfléchit alors à la manière d’intervenir sans trahir l’essence d’une tradition qui doit perdurer et en préservant certains de ses aspects immuables. Appliquant la devise du « moins, c’est plus », Gang-a-tsui rénove la tradition du nanguan par l’épure des mises en scènes et des scénographies, un rythme légèrement ralenti et une sobriété qui vise à faire ressortir la nature fondamentale de l’être humain. Cette vision de la modernité, ils ne l’ont pas cherchée en Occident, mais un peu plus au nord, au Japon, en s’inspirant de l’esprit du nô et du buto.

Pour la mise en scène de La fugue de Zhubun et du fantôme, Gang-a-tsui a fait appel à Tomoe Shizune et à sa compagnie Hakutobo. Disciple de Hijikata – le créateur du buto –, Tomoe Shizune apporte au spectacle une esthétique minimaliste. En ouverture de la pièce, un personnage de femme âgée, danseuse de buto, récite, en japonais, le prologue : « peu importe quand, peu importe où, le désir d’amour ne s’estompe jamais. Le corps peut disparaître, mais le désir persiste… ».

La fugue de Zhubun et du fantôme est une pièce du répertoire de l’opéra liyuan des dynasties Song et Yuan, une forme originaire des provinces méridionales de la Chine. Seules trois parties sont encore jouées aujourd’hui. L’histoire se passe à Dongjing, capitale de la dynastie Song. Zhubun, jeune lettré désargenté échoue aux examens impériaux et ne réussit pas à percer dans le monde. Rejeté par sa famille, il est contraint de se réfugier dans une petite auberge tenue par Wang Hsinshou. Il se trouve que Wang et son épouse cachent un noir secret : ils ont, en effet, tenté de forcer Elepgim, leur fille adoptive, à se prostituer et l’ont torturée jusqu’à la mort car elle refusait d’obéir. Son fantôme revient hanter l’auberge et elle tombe amoureuse de Zhubun dont l’honnêteté la touche. Sous prétexte de vouloir emprunter une bougie pour allumer sa lampe, elle le visite régulièrement tard dans la nuit. Son charme et son espièglerie conquièrent le coeur du jeune homme. Celui-ci accepte de la jeune femme, en gage d’amour, une petite pochette brodée qu’il perd par mégarde. Le couple Wang la reconnaît aussitôt comme un objet provenant de la tombe de leur fille. Accusé de vol et devant faire face à la réalité de la mort ou de la non-existence de sa bien-aimée, pris de panique, Zhubun s’enfuit. Elepgim qui se refuse à voir leur amour disparaître fait tout ce qui est en son pouvoir pour reconquérir Zhubun et réussit à le convaincre qu’elle est toujours vivante. Grâce à ses efforts, les deux amoureux sont finalement réunis et s’enfuient ensemble, loin, très loin…

Pour Gang-a-tsui, il était important de rejouer cette pièce aujourd’hui, à une époque marquée par la vacuité de toutes choses et une surmédiatisation de la banalité. Dans La fugue de Zhubun et du fantôme, la vie, stérile, de ces deux êtres finit par s’illuminer en transcendant le fossé qui sépare la vie de la mort. La vieille femme n’est pas que la narratrice. Présente tout au long de la pièce, dans une attitude d’écoute profonde et silencieuse, elle incite et aide le spectateur à retrouver la permanence des sentiments humains que le vacarme de notre époque empêche de percevoir.

Arwad Esber

English

THE FLIGHT OF ZHUBUN AND THE GHOST - Taiwan

Nanguan opera by the Gang-a-tsui Theater of Taipei
> Tuesday, April 13 and Wednesday, April 14
Amphithéâtre of the Opéra National de Paris Bastille

The Gang-a-tsui Theater of Taipei, renowned for its performances of opera in the Nanguan style, is distinguished by its faithful but creative approach to this rare expression of Chinese classical opera. The elegant movements, the sobriety of the costumes and the elegance of the music evoke the delicate “blue and white“ porcelains of the Ming Dynasty, the very period that gave rise to this refined theatrical expression. There will be a special performance for young people on Tuesday, April 13 in the afternoon.

Organized in partnership with the events and young audiences department of the Paris-Bastille National Opera, with the support of the High Council for Culture of Taiwan.