Jeudi 11 mars à 20h30
Vendredi 12 mars à 20h30
Samedi 13 mars à 20h30
Dimanche 14 mars à 17h
Maison des Cultures du Monde
101 Boulevard Raspail
75006 Paris
M°Saint-Placide / Notre-Dame des Champs
Plein tarif : 21 euros
Tarif abonnés : 15 euros
Tarif réduit : 11 euros
Informations sur le tarif réduit et abonné, cliquez ici
| Avec :
Unnikrishnan, maître principal Gopalakrishnan, maître principal Sukumaran, acteur Sasidharan, acteur Sethumadhavan, acteur Muraleedharan, acteur Aravindan, acteur Venugopolan, acteur Maneesh, acteur Krishna Kumar, acteur |
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Ananthu, Balarama adolescent Gokhul, Krishna enfant Vasudevan Namboothiri, chanteur Sathyanarayanan, chanteur Narayanan, tambour maddalam Unnikrishnan, tambour thoppi madalam Raju, maquilleur Muraleekrishnan, maquilleur v. Janardanan, costumier Ravi Gopolan Nair, conseiller artistique |
Chaque spectacle sera sur-titré en français
11 mars : 1h10 + entracte 15 minutes + 45 minutes
Avatharam (naissance de Krishna)
Kaliyamardanam (défaite de Kaliya)
12 mars : 1h + entracte 15 minutes + 1h05
Rasakreeda (Krishna et les Gopis)
Kamsavadham (l’assassinat de Kamsa)
13 mars : 2h avec 15 minutes d’entracte
Swayamvaran (le mariage)
14 mars : 2h avec 15 minutes d’entracte
Banayudham (la guerre contre Bana)
Le krishnattam ou krishnanattam – selon la transcription phonétique du sanscrit – une forme spectaculaire rituelle, gardant valeur d’offrande, dans le temple de Guruvayur, au Kerala, se traduirait par « le jeu de Krishna ». Le personnage central, Krishna, un avatar du dieu Vishnu, lui même considéré comme une divinité primordiale, s’exprime par la musique, le chant, la danse et des gestes d’une grande élégance. Entouré par ses comparses humains, animaux ou monstres, il réactive son mythe – de la naissance jusqu’à son ascension au ciel – au cours de chacune des huit nuits successives, qui constituent la geste.
Une des fonctions du krishnattam se baserait sur un enseignement
inculqué dans la grâce et provoquant des états
de joie profonde. Krishna, l’amant absolu, à la peau couleur
de nuit, capable de satisfaire le désir érotique de milliers de
bergères, symbolise le rêve de toute créature du peuple,
qui se reconnaît dans le gardien de troupeau, joueur de
flûte ou dans la femme touchée par le ravissement. Doué
d’intelligence profonde mais aussi de malice, il confond les
adversaires et leur joue des tours.
Le personnage adorable et ambigu, pivot du drame dansé,
n’en finit pas de susciter la dévotion et l’amour.
Une seule troupe existe encore. Autant dire que le transfert d’un tel rituel, hors du sanctuaire d’origine, et qui ne se produit, sans doute, qu’une fois par siècle (Festival des Arts Traditionnels, Rennes, 1977 et Festival de l’Imaginaire, 2010), provoque des questionnements locaux ainsi qu’une minutieuse préparation des acteurs-danseurs, tous des hommes, initiés depuis l’adolescence.
Comme certaines dramaturgies demeurant encore vivantes, le krishnattam, né de la superposition de formes populaires et classiques du Kerala, ne prend son nom et sa forme actuelle qu’au xviie siècle, sous l’impulsion d’un souverain lettré, le zamorin de Kozhikode.
La progression dramatique, d’une lenteur raffinée, produit chez les spectateurs locaux la béatitude d’une liturgie, même si certains n’entendent que le malayalam, la langue locale et non plus le sanscrit. Deux chanteurs jouant du chengalla (gong) et des elathalam (petites cymbales) ainsi que deux percussionnistes (maddalam) soutiennent les textes sacrés et la danse lente des hommes maquillés ou portant de lourds masques de bois.
Françoise Gründ
The krishnanattam, or "Play of Krishna", is a devotional performance offered by a single company, that of the great temple of Guruvayur in the center of Kerala. While it is mostly performed in this temple, the krishnanattam can be shown at other Hindu temples upon request or as a function of the celebratory calendar. The krishnanattam stems from archaic performance forms of the region, but it was the poet Manaveda, who, in the middle of the 16th century, wrote in Sanskrit the various episodes that make up the narrative framework of the krishnanattam : the intra-uterine life of Krishna, his childhood, adolescence, his combat with the Yavana (the Greeks), the wedding with the sixteen thousand ragini and his reconciliation with the god Shiva are the events that the Guruvayur troupe has been dancing and singing in its performances for four centuries now. Supported by a musical ensemble composed of drums and gongs, the vesham or krishnanattam actor-dancers use both masks and make-up comparable to those of the kathakali, as well as many wood and paper maché accessories. The krishnanattam only left India once, in 1980, for performances at the 7th Festival of Traditional Arts in Rennes and a tour of the United States. On Monday, March 15 in the afternoon there will be an additional performance intended for school audiences.