ARCHIVES EDITION 2013

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Turquie

SEMA, CÉRÉMONIE SOUFIE DES MEVLEVI

Couvent de Silivrikapi - Direction Hasan Dede

Vendredi 28 juin à 20h
Samedi 29 juin à 22h (et non plus 20h, attention !)
COMPLET !


à l’Amphithéâtre Bastille de l’Opéra national de Paris

© Pierre Bois - MCM

Chants et musique instrumentale accompagnés de la fameuse danse tournoyante des derviches.

Le soufisme est la mystique de l’islam. Religion du cœur et de l’esprit, il est la voie qui conduit de l’écorce au noyau, c’est-à-dire de la loi religieuse à la vérité transcendante. La technique centrale de la contemplation repose sur l’oraison et sur le concert spirituel ou sema dont l’origine est attribuée à Jalal al-Dîn Rûmi (1207-1273), surnommé par ses disciples Mawlana, Notre Seigneur – Mevlana en turc –, et fondateur de l’ordre Mevlevi.

Le mot sema vient de l’arabe isma‘, entendre, qui a donné le mot samâ‘ qui désigne l’audition spirituelle. Audition spirituelle de musique et de poèmes sacrés servant de support à une danse ésotérique dont le tournoiement favorise l’extase des derviches danseurs, symbolise leur union avec Dieu et avec leur communauté, et prend aussi un sens cosmique : de même que les planètes tournent autour du soleil, tout en ce monde tourne autour d’un centre.

Les Mevlevi ont joué un rôle majeur dans le développement des arts et de la musique classique ottomane, nombre de derviches composant également de la musique savante profane pour la cour du sultan ; aussi, le sema mevlevi s’organise-t-il comme un véritable oratorioballet.

Les litanies et les chants à la gloire de Dieu, du prophète, de Rûmi et des saints soufis sont soutenus par un ensemble instrumental ottoman. Il comprend un luth à manche long tanbur, un luth à manche court ud, une petite viole kemençe, la cithare sur table kanun, des cymbales halile et des timbales kudüm, et enfin la flûte oblique ney et le tambour sur cadre bendir qui sont les instruments incontournables du rituel soufi. Ils accompagnent la danse tournoyante des derviches qui, bras déployés, une paume tournée vers le ciel, l’autre vers la terre, recueillent la grâce divine pour la répandre ici-bas.

La tekke de Silivrikapı, située à deux pas du palais de Topkapı, perpétue l’héritage pluriséculaire de l’ancien couvent de Galata, à Istanbul. Signe des temps, son chef spirituel, Hasan Dede a introduit voici une vingtaine d’années les femmes au sein de la cérémonie, renouant avec une coutume qui s’était perdue au XVIIIᵉ siècle.

Loin d’une reconstitution historique qui se voudrait l’image fantasmée d’un soufisme d’avant la révolution d’Atatürk, cette cérémonie nous présente la réalité de la communauté mevlevi d’Istanbul aujourd’hui, telle qu’elle se réunit tous les jeudi soirs dans sa tekke.



Un spectacle co-réalisé par la Maison des Cultures du Monde et l’Opéra national de Paris, avec le soutien de la Commission nationale turque pour l’UNESCO

Le sema mevlevi est inscrit depuis 2008 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.