Samedi 27 mars à 20h30
Dimanche 28 mars à 17h
Maison des Cultures du Monde
101 Boulevard Raspail
75006 Paris
M°Saint-Placide / Notre-Dame des Champs
Plein tarif : 21 euros
Tarif abonnés : 15 euros
Tarif réduit : 11 euros
Informations sur le tarif réduit et abonné, cliquez ici
Avec :
Kalamandalam Kshemavathy, danse
Kalamandalam Leelamma, danse
Arun Gopinath, chant
Viju s. Anand, violon
Vypeen Sathish, tambour mridangam
Tripunithura Krisnadas, tambour edaykka
Brigitte Chataignier, cymbales nattuvan
Berceau du kathakali, le Kerala ne cesse de fasciner par la richesse, la variété et la vitalité de ses formes spectaculaires que le Festival de l’Imaginaire s’attache à faire découvrir à son public depuis plus de dix ans. Après le krishnanattam, drame sacré qui ouvre cette 14e édition, deux des plus grandes interprètes de mohini attam présentent cette danse classique keralaise.
Autrefois dansée dans l’enceinte des temples, elle puise son origine dans la mythologie hindoue. Le dieu Vishnou, grand préservateur de l’Ordre du Monde, prit l’apparence de la nymphe Mohini pour séduire les démons et les persuader de rendre l’élixir d’immortalité qu’ils avaient dérobé aux dieux. D’où son nom, mohini attam, la danse de l’enchanteresse.
Calme et serein, marqué par l’ampleur et la souplesse des mouvements, la douceur des courbes, ce style s’enracine dans la tradition classique des danseuses de temple, les devadasi, ainsi que dans les danses collectives des villageoises du Kerala. La danseuse, vêtue de blanc, parée d’or et de jasmin, incarne une héroïne noble qui s’adresse tantôt à sa confidente tantôt à un bien-aimé dont l’image se superpose à celle de Krishna. Le mohini attam fait appel à deux langages chorégraphiques, le natyadharmi, codé et stylisé, et le lokhadarmi, plus réaliste. Les jeux du regard, des mains, des pieds, du bassin, empreints d’une grâce naturelle, doivent envelopper celui qui les contemple pour le conduire, à son tour, au plus près du divin dans un hymne à l’amour absolu.
Le mohini attam connut son apogée au xixe siècle à la cour du Maharaja Swati Tirunal, mécène et compositeur Tombé un temps en désuétude, il fut réhabilité par le poète Vallathol, fondateur en 1930 de l’Académie du Kerala Kalamandalam dont sont issues les deux maîtres invitées. Leelamma, héritière et disciple de Sathyabhama, enseigne depuis 1973 à l’Académie du Kalamandalam. Membre du comité de l’Université de Shankara Sanskrit, elle a créé à Trichur sa propre institution, Swathichitra, et reçu plusieurs distinctions du Ministère de la Culture indien pour ses recherches en chorégraphie.
Kshemavathy, disciple de Chinnammu Amma et de Sathyabhama, fonde en 1964 – elle n’a alors que seize ans – son école de danse à Trichur, le Kerala Kalamandiram. Également experte en bharata natyam et en kuchipudi, elle a reçu de nombreux prix dont le National Award de la Sangeet Natak Academy.
Pierre Bois
A voir :
La Danse de l’Enchanteresse
un film d’Adoor Gopalakrishnan et de Brigitte Chataignier
production Les Films du Paradoxe, 2008, 1h15, couleur
disponible en DVD